Chaque automne, la même question revient en rendez-vous : « Est-ce le moment de verser sur mon PER ? » Pour un contribuable imposé dans les tranches à 30 % et plus, la réponse est souvent oui, à condition de respecter le calendrier et de connaître son plafond.
Le principe : une déduction de vos revenus 2026
Les versements volontaires sur un Plan Épargne Retraite individuel sont déductibles du revenu imposable de l'année où ils sont effectués, dans la limite d'un plafond annuel (art. 163 quatervicies du CGI pour les salariés, art. 154 bis-0 A pour les travailleurs non salariés).
Concrètement, un versement réalisé au plus tard le 31 décembre 2026 vient diminuer les revenus 2026, déclarés au printemps 2027. Avec le prélèvement à la source, l'économie se matérialise à l'été 2027, lors de la régularisation : remboursement ou solde à payer réduit.
Combien pouvez-vous déduire ?
Votre plafond disponible figure sur votre avis d'imposition 2026, à la rubrique consacrée au plafond épargne retraite. Il intègre les montants non utilisés des trois années précédentes. La loi de finances pour 2026 allonge ce report à cinq ans pour les plafonds nés à partir de 2026 : une déduction non utilisée cette année restera mobilisable jusqu'en 2031.
Pour les versements de 2026, le plafond est égal à :
- pour un salarié : 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 37 680 €, avec un minimum de 4 710 € même sans revenus professionnels ;
- pour un travailleur non salarié : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de huit plafonds de la sécurité sociale, plus 15 % de la fraction comprise entre un et huit plafonds, soit jusqu'à 88 911 €.
Les couples mariés ou pacsés peuvent, sur option, mutualiser leurs plafonds : celui du conjoint qui verse peut être complété par celui de l'autre.
Combien allez-vous économiser ?
L'économie d'impôt est égale au versement multiplié par votre taux marginal d'imposition, c'est-à-dire le taux de la tranche dans laquelle se situe la dernière partie de vos revenus.
- avec une tranche marginale à 30 %, un versement de 4 000 € réduit l'impôt de 1 200 € : l'effort réel est de 2 800 € ;
- avec une tranche marginale à 41 %, le même versement réduit l'impôt de 1 640 € : l'effort réel est de 2 360 €.
Le simulateur PER du site calcule cette économie à partir de votre statut et de vos revenus.
Trois points de vigilance
L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite
Les sommes ne sont disponibles qu'à la retraite, sauf dans les cas de déblocage anticipé prévus par l'article L224-4 du Code monétaire et financier : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire.
L'avantage est un report d'imposition
À la sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise à l'impôt sur le revenu. L'opération est d'autant plus intéressante que votre tranche marginale à la retraite sera inférieure à votre tranche actuelle.
Le PER n'est pas fait pour tout le monde
Avec une tranche marginale de 0 % ou 11 %, l'économie est faible au regard du blocage de l'épargne. Dans ce cas, une assurance-vie, disponible à tout moment, est souvent plus adaptée.
Et si vous n'avez pas encore de PER ?
L'ouverture d'un PER se fait en quelques jours, signature électronique comprise. C'est aussi l'occasion de regrouper d'anciens contrats retraite (Madelin, PERP, article 83) dont les frais sont souvent plus élevés. Je compare les contrats de mes partenaires sur les frais, la gestion pilotée et les supports proposés, et je vérifie avec vous votre plafond avant tout versement.